Cela fait plus de deux semaines que j’essaie de formuler dans ma tête et par écrit ce que je pense de La Rafle de Rose Bosch… Je n’y arrive pas.

Je pourrai vous dire que c’est extrêmement bien réalisé, que cela semble vrai, qu’il y a un vrai boulot sur les décors et en post-prod… Je pourrais. Mais cela serait si désuet…

Entre 1940 et 1944, la France a été souillée… Entre autre, par des Français. Que cela soit au niveau du gouvernement, des entreprises et même d’une partie de la population, trop de personnes ont participé à des actes odieux et abjectes.

Le nazisme, c’est n’est pas qu’un seul homme, fou au demeurant, qui a décidé de décimer, que dis je, exterminer une partie de la population mondiale pour un motif aussi aléatoire qu’arbitraire… Ce sont des Nations ou partie de Nation qui l’ont aidés…
Un homme décide, les autres exécutent… Un simple être humain exige et les autres se plient à ses désirs. Pourquoi ? Se faire bien voir ? Eviter de mourir ? Par confort ou par conformisme ? Parce qu’ils pensent comme lui ?
Coupable mais pas responsable ? Comment peut on avancer de tels arguments ? C’est pourtant une explication récurrente donnée par les intéressés comme Maurice Papon et consorts… Que sont-il devenu après la guerre ? Une petite tape sur la main et on laisse courrir ? Malheureusement, oui. Pour la petite anecdote, l’un des bourreaux était devenu Assureur sur la vie… Ironique non ?

Pour en revenir au film « La Rafle« , la réalisatrice a mis en image la rafle du Vel’ d’Hiv qui s’est déroulée le 16 juillet 1942. Cette « descente de flic » lança le début de la déportation et donc de l’extermination des femmes et des enfants juifs. Le film nous explique brillamment et de manière assez effrayante ce qu’on vécu les 3 survivants, seuls rescapés de cet événement qui N’est PAS un détail de l’histoire comme certains aimeraient nous le faire croire. Rose Bosch a travaillé durant 5 ans sur ce film en partenariat avec Gaumont et avait pour consultant Joseph « Joe » Weismann, unique rescapé encore en vie à ce jour. 3 ans et demi de recherche à éplucher des archives inexistantes car peu de « non juif » avaient le droit d’entrer dans le vélodrome où étaient séquestrés plus de 13 000 français de confessions juives avant d’être déportés dans le Loiret puis exterminés ailleurs…

Avant la projection du film, Rose Bosh et François de Gaumont nous ont expliqué la réalité des faits et que surtout « Rien n’a été exagéré. Tout est vrai… Même en dessous de la réalité » affirmait Rose.

D’un point de vue casting, Mélanie Laurent tient l’un des rôle principaux avec Gad Elmaleh à contre emploi et un Jean Reno dont le jeu est admirable. On y voit aussi Sylvie Testud, Catherine Allegret et Thierry Frémont. Tous sont exceptionnels même s’ils ont un rôle discret. Je pense surtout à Thierry Frémont qui joue le rôle d’un pompier gradé qui rentre dans le vélodrome et ouvre les vannes contre l’avis des autorités, avec ses sous-fifres, afin de donner de l’eau aux futurs déportés.

Dans tout ceci, il y a un message « positif »… Au début du film, on apprend que la Gestapo a ordonné le kidnapping de plus de 25000 personnes… et la police française n’en a trouvé que 13000… 12000 personnes sauvées, c’est peu, simplement parce que des Français, des Justes, les ont cachés.

Je pense que certains d’entre vous (et j’en connais) vont penser qu’il s’agit encore d’un film sur la seconde guerre mondial, que le sujet a été mainte fois abordé (via « La Liste de Schindler » ou « La Vie est Belle » pour ne citer qu’eux) , etc… Détrompez vous. La Rafle du Vel’ d’Hiv n’a jamais été porté en image et peu d’archives existent… Cette œuvre était un devoir de mémoire et elle a été conçu, réalisé et produit de manière intelligente, fidèle mais malheureusement « sublimement » et « effrayamment » réaliste…
Preuve, à mon humble avis, de l’élan, de la qualité et de la force de l’œuvre, France Télévision et TF1 se sont associées pour la distribution du film, fait exceptionnel. De plus, tout a été mis en place pour que les élèves de 3ième et de 1ière puissent y accéder avec un prix raisonnable de 4€ quelques soit le réseau.

Je ne sais pas comment vous convaincre d’aller voir la Rafle… Tout ce que je peux vous affirmer c’est que ce film est bouleversant. Pour preuve, nous étions un bon groupe de blogueurs et lecteurs de blog à la projection auquelle j’ai assisté… A la fin du film, peu trouvaient les mots et arrivaient à arrêter ou à cacher leurs larmes… Moi le premier.

Est-il encore possible que cela se reproduise… en France ? Ailleurs ? A-t-on déjà oublié ? 2002 est-elle une prémisse d’une « redite » ? Vivons nous, 70 ans après, un schéma équivalent avec des protagonistes différents ? Allons nous devoir prendre les armes ? De quel côté la majorité des êtres humains vont basculer ?… Vais-je, moi même, faire le bon choix… Va-t-on me laisser la possibilité de faire le bon choix…

J’ai eu la chance de rencontrer Lucie Aubrac, d’avoir une grand mère « Résistante » (à un plus petit niveau) et un grand père militaire qui a été emprisonné (attention, à la ferme… pas en camps) ce qui m’empêche d’oublier… Mais vous ? Et vos/nos enfants ?

Merci à Pingoo, Gaumont et surtout Rose Bosch… même si je ne suis pas persuadé que « merci » soit le bon terme.

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